Direction Guatemala, en sac à dos

Dernière mise à jour : 2 avr. 2021

On rêvait d'un voyage de noce sortant des sentiers battus. Oui Venise sent la rose de l'amour. Oui, un spa / massage à Québec évoque la sérénité d'une vie à deux. Mais comment nous pouvions, mon amoureux Tony et moi, fêter notre union d'une manière qui nous ressemble ? En repartant sur les routes, sac à dos minimaliste sur les épaules, à la découverte d'un pays qui nous

ferait sortir de notre zone de confort : Le Guatemala. Pourquoi cette direction ? La découverte, la jungle, la vie intrépide d'aventurier passionnés, le partage de cultures ancestrales, sous le langue espagnol de mon cher papi.

©Charlène Dupasquier


15 jours à traverser le Guatemala pour en vivre le Nord, l'Est et le Sur-Ouest. Bienvenue en terre Mayas.

Toutes les photos ont été faites par nous mêmes. Merci de respecter le copyright.

©Charlène Dupasquier et Tony Charest


J-1 et 2 : 01 Février 2018, c'est l'envol mon amour !!! Arrivée à Guatemala Ciudad

“Le monde des Mayas est fascinant, la nature imprenable et époustouflante. Le vivre est un cadeau de la vie.''

Tout d'abord, comment partir en avion à moindre coût ?! Regarder tous les jours de l'année les aubaines de vol du site Flytrippers (#flytrippers #guatemalaciuadad)

https://flytrippers.com/montreal_fr.html

Je remercie cette belle gang de jeunes voyageurs pour avoir créé ce merveilleux site ! Billet d'avion aller-retour : 380 $ CAD avec les taxes ! Avouez que ça à bien de l'allure. Soyons flexibles cependant quant aux horaires de vol et les transits.

Départ à 23h00, vol de nuit avec escale à Mexico à 6h00 am. Avant de partir, pensez à vous inscrire sur le site du gouvernement, canadien à l'étranger, pour spécifier où vous êtes et être avertit des alertes.

Lors du transit, nous recevons un mail du gouvernement Canadien : Le volcan Fuego est en train d'exploser de joie. Les vidéos sur internet sont impressionnantes. La lave est expulsée à 500 mètres. Un rayon de 80 km de protection vient d'être établit. Ça n'a pas l'air de bien déranger la vie guatémaltèque, aucune annulation de vol pour Guatemala Ciudad, la capitale à 2 pas du Fuego.

À Mexico, il faut repasser les douanes avec votre ticket de déclaration. Ne pas faire comme mon amoureux qui décide ne pas en avoir besoin et qu'une fois dans la fil d'attente, on nous dit que c'est obligatoire'. Après avoir mis 30 min à en chercher ce petit bout de papier qui vaut l'entrée dans la cité d'or, Tony fait un dernier essai auprès des gardes. Une chance, la vie vous apporte toujours ce dont vous avez besoin : une charmante jeune femme nous tend 2 feuilles de déclarations qu'elle avait en trop !


Guatemala Ciudad ... Un dépaysement comme je l'avais vécu en Afrique en arrivant à Dakar. Je ne vous conseille pas de rester dans la capitale. Nous devions dormir là cette nuit car le lendemain nous prenions un vol interne pour Flores à 6h am.

Mais c'est une ville dangereuse, même aux dires des guatémaltèques. Nous avions réservé l’hôtel Linda Vista 2 : Quartier très peu sécuritaire, hôtel plus que miteux. Notre chauffeur de taxi lui-même ne voulait pas nous laisser là. Il nous a donc amené dans un autre quartier à un B&B. Mi Casa, Tu casa. 60$ la nuit mais au moins, en sécurité et en très bonne compagnie. Merci à notre chauffeur, Jory Mario Ramirez !

La propriétaire Anna est adorable. Tout est cadenassé, barrières, grilles aux fenêtres et grand portail. On ne rit pas avec la sécurité dans la capitale et c'est comme ça un peu partout. Il faut tout de même souligner que certains quartiers valent la visite, comme les musées et son centre historique. C'est une ville qui possède une grande histoire, fondée à la place d'une grande ville maya nommée Kaminal Juyu.


J-3 : 03 Février 2018, première étape de l'aventure : Flores

“Péten. Un territoire ancestral chargé d'énergie, un lac, la jungle immense, les vestiges d'une civilisation Mayas à présent disparue ... mais pas complètement.''

Le vol interne se fait avec des compagnies locales (il faut compter un 180$ / personne environ), mais ça vaut le coup pour sauver 13h de route lorsque vous avez seulement 2 semaines de voyage. Un petit avion pour un trajet d'une heure. Après une nuit agitée à Mi Casa Tu casa au son d'une discothèque à deux pas, nous arrivons sur Flores à 7h30. La région de Péten occupe le nord du territoire. Notre hôtel : La Posada de

Don José sur la minuscule et charmante île de Flores.


L'objectif est de rester quelques jours dans la région pour faire un treck de 3 jours dans la jungle à la découverte de la nature et des Mayas avec le site d'El Zotz et Tikal. Nous avons passé une bonne partie du matin à magasiner notre aventure, pour la trouver en fin de journée grâce à un bien heureux hasard.

Pour vous aidez si un jour vous désirez

vivre cette aventure : arrivée dans l'île de

FLores, des excursionnistes qui ne sont

pas reconnus veulent vous offrir à fort prix mais négociable, les trecks d'El Zotz et celui d'El Mirador. Prenez gardes, car un bon nombre sont des charlatans qui ne prendront pas votre sécurité en charge et qui ne vous offrirons pas la merveilleuse aventure que nous avons vécue. Nous avons nous aussi faillit laisser tomber car nous ne trouvions pas de compagnies de guides dignes de confiance (cf. photo des cartes officielles des guides certifiés). Mais la vie, une fois de plus, met sur notre route les éléments concourant à nos besoins. Nous avons rencontré en fin de journée un groupe de français qui voyagent autour du monde et qui viennent d'embarquer pour El Mirador, avec la Compagnie de Tourisme de Camineta ! Enfin une compagnie accréditée et surtout, dont les revenus retournent directement aux locaux et habitants Mayas. Nous signons avec eux 3 jours de treck dans la jungle pour traverser le site d'El Zotz jusqu'à Tikal (250$ chacun). Départ demain matin à 04h00 pour prendre le bus qui nous mènera jusqu'au village de Dos Aguas, où commencera notre magnifique aventure aux côtés de notre guide.

En attendant, nous passons l'après-midi à contempler le lac de Flores, nos repas principalement composés de tortilla de maïs, haricots rouges, avocats ... Nous mangeons local !

Nous embarquons sur la lancha de Carlos et de son petit fils Mario, un jeune handicapé trisomique vraiment adorable. Carlos n'arrêtait pas de nous répéter qu'il était spécial. Oui, son sourire et sa gaieté étaient spécialement belles.

Le lac est majestueux. On peut

apprécier sa grandeur, sa végétation et

tous les villages avoisinant : Flores, San

Andres, San Miguel et plus loin Santa Elena. Carlos nous emmène à l’île aux Iguanes géants rouges. Il est très aisé de les approcher. Il est possible de marcher sur l’île, mais l'eau et nous, c'est une histoire d'amour.



J-4 et 5 : 04 et 05 Février 2018, La jungle sauvage

“Mais quand un arbre tombe dans la jungle, qui l'entends ? ... le peuple qui sait écouter.''

Il est 4h00 du matin. Nos cœurs s'emballent, dans environs 3h, nous mettrons un pied dans la jungle pour n'en ressortir que dans 3 jours. L'excitation est à son comble, l'inquiétude aussi un peu. Inquiète de ne pas savoir si nous allons être en sécurité humainement parlant, avec un guide inconnu au milieu de la nature sauvage guatémaltèque. Par de mauvaises expériences passées, c'est le côté humain qui me rend méfiante, mais je n'ai aucunement peur de la nature ni de découvrir les belles personnes. Depuis toute petite, ma seule peur sont les Hommes mal intentionnés. Nous avons été prudents, mon amoureux est là et je m’apprête à vivre des aventures extraordinaires telles que je les aime, alors, abandonnons-nous à la vie, lâchons-prise et faisons confiance.

Après 1h30 de bus, nous arrivons à Dos Aguas. Nous attendons. Le guide est en retard. On rit avec l'autre groupe qui part pour EL Mirador sur mon inquiétude.

Nous rencontrons alors Ramirio (je crois), le chef de la compagnie pour ce village-ci. Nous avons tout de suite un excellent contact et il nous invite à voir ses perroquets (tradition ???) pendant que notre guide José Pop et Avelardo, le cuisinier, préparent le stock d'expédition. Nous avons de belles discussions. Nous sommes dans un village de descendance Maya, Les Q'eqchi, parlant principalement le Kekchi maya et apprenant l'espagnol à l'école. Ils se nomment eux-mêmes, gardiens de la forêt. Ils forment la 2ieme communauté en importance au Guatemala.


Nous avons eu l'occasion d'entrer dans la maison d'une vieille dame pour aller aux toilettes. Autant vous dire qu'ils vivent de pas grand chose. Et chez nous, beaucoup se plaignent de ne pas avoir assez. IL y a quelque chose qui cloche dans nos sociétés ! Deux mules partent avec nous. Elles transportent le matériel de campement la nourriture et l'eau. C'est Avelardo qui s'en occupe. Elles traînent, elles font des petits cadeaux puant sur les cordes, elles sont drôles.

08h30, nous sommes prêts. Nous partons du village à pied.

Comme mon genoux est blessé, Avelardo a mis mon sac à dos sur une mule. Mais normalement, les randonneurs sont censés porter leur propre sac lors du treck. Nous sommes vraiment choyés. Les 2 premières heures traversent une zone agricole encore peuplée, le long d'un sentier assez large. Le dépaysement sauvage n'est pas encore au rendez-vous même si c'est magnifique. Nous arrivons ensuite à l'entrée de la réserve de biosphère Maya, créée en 1990. Elle s'étent sur 21 129,40 km2. En plus d'entendre des singes hurleurs partout, de piler sur des serpents venimeux, comme les ''Mano de piedra'', on rencontre de gros crapauds à la peau urticante qu'il ne faut pas toucher. Là, la vie sauvage nous ouvre ses portent, nous accueille, nous berce. On se laisse prendre allègrement.

Dés la première journée nous avons été très chanceux en terme d'animaux : Évoluer au milieu des Singes araignées dans leur milieu naturel, les voir manger, nous intimider en secouant les branches. Des toucans, des colibris, beaucoup d'oiseaux dont je ne saurais dire le nom en français puisque le guide nous parle exclusivement en espagnol, sont également au rendez-vous. C'est vraiment incroyable cette puissance naturelle, toutes ces émotions que procure la jungle !

Mon bonheur de biologiste était à son comble lorsque nous avons vu des empreintes fraîches de jaguar. Les plantes et les arbres sont tout aussi majestueux et beaucoup guérissent le corps et l'âme. Bienvenue dans la plus grande pharmacie du monde !


L'arbre qui a émerveillé en premier nos yeux : la Ceiba pentandra . C'est l'arbre national vénéré par les anciens mayas comme arbre de vie et qui symbolise le foisonnement de la vie animale de la jungle de Tikal qui fut, il y a bien longtemps, la capitale de l’empire maya. José nous explique qu'il représente toute l'humanité vivant sur la terre. Ses racines, sont le monde des morts, le tronc la vie sur la terre et les branches et les feuilles, la vie céleste auprès des dieux.


La jungle est composée de beaucoup de strates différentes, peuplées de cèdre mexicain, de palmier cohun, d'arbre piment, du Noix-pain, etc. Les arbres et les plantes sont immenses ! Arrivés au campement 1 sur le site d'El Zotz, nous apercevons une multitude d'oiseaux tropicaux, dindons sauvages, un renard roux, un agouti et un geko. Nous n'avions qu'un petit kodak donc nos photos sont surtout mentales. On dîne et on soupe bien. Nos guides sont aux petits soins pour nous. Très traditionnel, la tortilla est à la base de chaque repas.

Le site de campement est très typique, on évolue aux cris des singes hurleurs et d'une centaines d'oiseaux tropicaux.





Nous filons à 17h00 pour monter une petite montagne proche du campement afin d'avoir une vue de 180 degrés sur la canopée. Au-dessus de la jungle, l'âme s'envole émerveillée ! Quelle merveilleuse sensation de voir la jungle à perte de vue. Quelle puissance, quelle énergie. C'est tout bonnement transcendant. 40 min de marche et vous avez ça sous les yeux .... MAGIQUE. On est tellement petit.


Il s'en est suivie une discussion passionnante avec notre guide sur la culture maya, les traditions, la spiritualité de nos deux cultures et l'avenir de la nature. Nous nous sommes étonnés sur notre facilité en espagnol !

À la descente, nous nous arrêtons au bord d'une falaise où nous attend quelque chose de très spécial: El Penon del Murciélagos. Cette falaise abrite des milliers de chauves-souris, qui à 18h00 s'envolent toutes ensemble pour aller célébrer la nuit dans la jungle. Être témoin de ce moment de vie sauvage est une aventure en soi. El Zotz signifie chauves-souris en Kekchi. Ce site est leur refuge, n.ous y avons été accueillis !

Le soir, José nous prépare une tisane de feuille de l'Arbol de pimienta qu'il avait ramassé pour notre mal de ventre. La nuit, lui et Avelardo se lèvent à toute les 2h pour alimenter le feu de camps afin d'éloigner les jaguars et veiller à notre protection.


Le lendemain nous visitons le site d'El Zotz en matinée, avant de s'enfoncer plus

profond dans la jungle en après midi.

Ce site est nettement plus sauvage que Tikal le plus connu. El Zotz était cependant très importante puisqu'elle était le relais des négociations et du commerce. Cette cité a été productive de 250 av. JC à 950 après JC. Le guide connait bien son peuple et son histoire. L'écouter en parler est fabuleux et intéressants !

Je lui raconte la célèbre légende qui dit que les Mayas ont disparus en s'élevant à

un degrés spirituel si haut qu'ils ont changé de plan astral. Il rit. En restant terre à terre, nous comprenons de ces dires que les Mayas, bien que très intelligents, ayant même inventé l'astrologie, n'ont pas su penser à leur avenir et ont dépouillé les ressources naturelles trop rapidement. Ils sont morts de faim, de soif en appauvrissant leur terre .... Ça me fait penser que l'espèce humaine n'a toujours pas compris la leçon...

Ci-dessous, un des temples enfouit sous la végétation. Attention aux serpents et tarentules lorsqu'on redescend. Ne mets pas ta main dans les feuillages mon amour !!


De plus en plus, le guide ouvre le chemin à la machette. De vrais Indiana John !

Le campement 2 est plus rustique encore. Nous avons eu la visite d'un Mano de piedra sur la dalle du campement. Pour la sécurité de tous, Avelardo a du le tuer ... pied nu avec un bâton .... Peur de rien ces hommes de la jungle !


J-6 : 06 Février 2018, L'arrivée à Tikal

“Les temples aussi majestueux que dans les livres. Trois jours dans la jungle suffit pour être dépaysé au milieu de la foule touristique. ''

Debout à 5h du matin pour partir à 6h. Plus de 5h de marche nous attendent pour se rendre à Tikal, site Maya très connu. Nous nous réveillons aux sons des singes hurleurs. L'instant est délicieux de sauvagerie. Ils crient de bonheur, c'est encore une belle journée en vie qui commence. Je me délecte de nos dernières heures dans la jungle, nos pas sont imprégnés de tous le sens de la nature. Nous n'en manquons pas une miette.

Le parc de Tikal est inscrit à l'UNESCO.

On admire ici l'architecture mise à nue par les chercheurs. Nous sortons de la jungle et y arrivons pas le temple IV. Le plus haut et le plus majestueux. Plus d'une journée est nécessaire pour découvrir le site dans son ensemble. Mais pour être honnête, nous étions tellement fatigués que nous avons admiré le temple IV et nous avons traversé la place principale pour se rendre à l'entrée du parc. Notre ticket d'entrée était compris dans le forfait de la compagnie, mais vous devez aller à la guérite pour le retirer. Nous devions accompagner un autre groupe pour la visite guidée qui dure 3h. Fatigués, sentant mauvais après 3 jours de treck dans la boue, mais heureux et fière de toutes ces émotions vécues, nous avions vu ce que nous voulions de Tikal alors nous sommes repartis par le bus de 14h. Un shuttle touristique qui vous ramène sur l'île de Flores en 2h.

Comment exprimer ce qu'on ressent lorsqu'on ressort d'une telle aventure en si peu de temps, si ce n'est que je suis pleine de gratitude envers la vie d'être ici et maintenant avec l'homme le plus merveilleux au monde, Tony !

De retour sur l'île de Flores, nous prenons ça tranquillement, retour au même hôtel (La Posada de Don José). Nous soupons dans la rue de la bonne nourriture pour 3$ (20 Qtz) sur un stand tenu par d'excellentes cuisinières locales improvisées.


J-7 : 07 Février 2018, Direction Rio Dulce - Auberge Finca Tatin

“Lorsque tu arrive dans un Eldorado improbable et que ta présence ici est inéluctable.''

La veille nous avions réservé notre billet de bus à la compagnie touristique pour Rio Dulce (4h de bus pour 125 Qtz soit environ 25$). La compagnie Fuerto del Norte est une bonne compagnie de bus plutôt confortable et sûre. La route est quand même bonne pour se rendre à Rio Dulce (contrairement à bien d'autres trajets que nous allons faire par la suite !). Rio Dulce, est vraiment dépaysante. La rue est jonchée de stand et de terrasses de magasins bondés. Ce que chez nous, nous appelons des souc. Ça grouille de vie, c'est vivifiant, malgré la pauvreté. Ça court partout, les moto et tuck-tuck roulent sur le trottoir. La musique est dehors et vibre à fond. Autant que nos coeurs. Nous n'avons pas pris de photo des rues dans les villes et villages traversés, en respect aux habitants démunis.

Nous trouvons tout de suite un vieux matelot qui nous informe pour les lanchas afin de réserver notre billet. Attention, les lanchas pour aller direction Livingston sur le Rio Dulce, sont seulement à 9h ou à 14h30. Il suffit de dire au capitaine où vous vous arrêtez. Nous allons à l'auberge Finca Tatin, au milieu de la rivière en pleine jungle (2ieme épingle rouge le long de la rivière sur l'image ci-contre Tiger Cave.). Sur le

bateau nous sympathisons avec un couple de jeune français médecins. Le capitaine fait un détour pour nous montrer le fort espagnol, restant d'un château, datant de plusieurs siècles. Nous flânons autour des petites îles mangroves. C'est de toute beauté. Aigrettes et oiseaux marins volent au-dessus de nous. Nous filons entre les villages. La vie bercée au fil de l'eau.



Le Rio Dulce est une importante porte d'entrée vers la mer des caraïbes. c'est le lien entre le lac Izabal et l'Océan Atlantique. Ce couloir biologique à grande biodiversité mesurant 43 km, a été déclaré Parc National en 1955.






Nous arrivons à notre Auberge le Finca Tatin. Rien que la vie du petit ponton jonché sur le bord de la jungle riveraine fait chaviré mon cœur, même si le bateau est bien stable !!

Le paradis sur terre ! Nous devions rester qu'une seule nuit ... Nous y resterons 3 jours. Si le temps n'était pas compté, je serais resté en ce seul lieu pendant au moins une semaine de ressourcement. Gâter mon âme et mon corps de toute l'énergie sereine qui règnent en ces lieux. Un paradoxe qui n'en est pas un dans la jungle. Le yin et yang sont partout. Pour comprendre le fonctionnement de l'auberge, il vous suffit d'écouter la vidéo ci-dessous :)

Le sauna ci-dessous ... Amis Hobbits, bienvenues !!



Notre première soirée est peuplée de rencontres merveilleuses, de rires autour de la grande table communautaire où chacun partage le même repas en échangeant des histoires de vie et des anecdotes de voyage. Pleine de gratitude, je souligne surtout la rencontre de Kimberley, une femme extraordinaire, au sourire bienveillant, qui a passé 2 jours en notre compagnie. J'espère que nos chemins se recroiseront. Au son berçant de notre première pluie torrentielle tropicale, après une pause relaxante dans la salle des hamac, la nuit fut douce. On est bien ici, hein mon amour ?!




J-8 : 08 Février 2018, Direction Livingston en kayak

“Au diable la sécurité et les vestes de flottaison ! La mer des caraïbes ne nous fait pas peur moussaillon.''

Après un petit déjeuner conviviale avec tout le monde, nous prenons des kayaks proposés par l'auberge (75 Qzt pour un double pour la journée si mes souvenirs sont bon). Accompagnés de Kim, nous décidons de rejoindre Livingston par la force de nos bras et de nos pagaies (oups, de nos abdos !).




Sur l'eau, quel délice de voir le reflet d’une jungle épaisse et mystérieuse. Les oiseaux chantent et s'envolent en une diversité d'espèces impressionnantes. Et la végétation imprenable est enchanteresse. Attention aux coups de soleil, il est coriace.

Au Guatemala n'attendez pas que l'on vous propose les mesures de sécurité que l'on vous donne à Zone Aventure ! La veste de flottaison, obsolète, les indications de parcours, obsolètes, l'heure de retour, approximatives. C'est l'Aventure avec un grand A et c'est du pur plaisir avec un lâcher prise comme le nôtre.


3h de kayak qu'ils disaient ... hum si la mer est calme ! Il nous a fallut une petite heure de plus. Le Rio Dulce n'est pas toujours représentatif de son nom. L'embouchure est parfois pleine de surprise. Une chance que notre niveau de kayak ne se laisse pas impressionner si facilement, mais j'en connais qui aurait été fort mal ! Nous sommes arrivés lors d'une mer très agitée. Les vagues impressionnantes ont fini de nous mouiller jusqu'à l'os, passeport et billets compris. Au milieu de tous les bateaux de pêches, la côte inaccessible, nous avions de plus en plus hâte que cela se termine. Épuisés à lutter contre la vague et slalomer aux regards des locaux, nous avions trouvé le lieu d'arrêt des kayak qui se trouve sur la terrasse d'un hôtel restaurant miteux ... Pas évident à trouver, la pancarte ne mesure pas plus que mon pied ! Mais nous sommes très heureux de cette expérience encore une fois mémorable.

Un arrêt restauration et recherche d'un cajero (distributeur de banque) est nécessaire.

Pas Évident non plus car les distributeurs ne fonctionnent pas toujours. Sur le Rio Dulce, c'est le seul endroit où s'approvisionné, à moins de repartir à la ville de Rio Dulce même. Il faut être bien vigilant, la plus part des hôtels restaurants et activités se payent en argent comptant.

Livingston, village coloré des Garifunas non loin des côtes du Belize. La diversité humaine est inattendue : Mayas, Indiens, Latinos et Garifunas se partagent les rues. La couleur et la chaleur de la Jamaïque se fait ressentir.

Mais ne vous méprenez pas. Après avoir discuté avec quelques latinos-africains aux allures de Bob Marley, ici, règne encore l'Apartheid, la ségrégation entre noirs et latinos. Un d'eux nous disait ''il n'y a rien de beau ou de cool ici. Pas pour nous en tout cas. C'est la misère et la drogue qui rythme nos vies et les guatémaltèques ne se mélangent pas avec les noirs.'' La rayonnante Livinsgton aux bâtiments colorés d'où s'échappe une musique de Bob Marley, est un soleil que pour le touriste de passage. C'est ma seule déception. Le tour du village est assez rapide. De la drogue ou des armes, vous sont proposées des dizaines de fois au creux de l'oreille par beaucoup de locaux ! Mais c'est un lieu, un peuple très intéressant à rencontrer. J'espère que dans les années à venir, leur conditions s'amélioreront.


Pour leur histoire unique voici un excellent article: https://l-express.ca/livingston-au-guatemala-terre-des-garifunas/


Nous reprenons la lancha privée de Finca Tatin vers 16h15 pour rentrer à l'auberge. 1h de trajet assez drôle puisque nos kayaks accrochés hasardeusement par le conducteur passaient leur temps à se retourner. Un des kayaks a fini dans la lancha. On ne se serait jamais rendu sinon ! Une belle soirée / souper communautaire nous attendent. Encore un moment délectable en compagnie de tous les voyageurs rencontrés la veille. De nouveaux visages sont apparus. Un tatoueur tatoue le monde sur place. Avec Tony nous hésitons à faire enfin notre tatou de mariage. Mais ne le faisons pas à la hâte sans l'avoir dessiné au préalable. Ce symbole est important pour nous, même si le moment s'y prêtait fortement.



J-9 : 09 Février 2018, De Rio Dulce, direction Lanquin

“Si tu n'as jamais cru un jour, mourir d'une crise cardiaque sur la route à chaque virage, c'est là que sonne le glas .''

Il est 07h00 et le matin se lève sur la paisible Finca Tatin. Après le déjeuner, c'est avec tristesse que nous quittons nos acolytes de voyage (Kim et Verena les deux allemandes, Kimberley notre voisine Canadienne anglophone et tous les autres dont je tairai le nom).

Nous prenons la lancha de l'auberge à 09h00 pour retourner à Rio Dulce. Nous avions déjà les informations importante sur notre trajet pour rejoindre Lanquin, qui se situe plus au centre Ouest du pays. Nous Allons au Sun Dog Café à Rio Dulce pour prendre nos tickets de bus direction Lanquin (cela s’avérera un shuttle touristique mais où nous seront que tous les deux Tony et moi ... là encore, la vie veut m'apprendre la confiance en autrui.) Une longue route de 6h00 nous attend pour seulement 334 km et pour cause : l'état des routes !!!! Mais là, impossible de vous décrire quoique ce soit à ce niveau, il faut le vivre pour realiser l'ampleur des dégâts et des émotions qui vont avec ! Digne des grands reportages sur Geographic Chanel ou encore Explora. C'est simple, seulement les 2 premières heures sont sur une route goudronnée, traversant (malheureusement) des champs immenses de palmier à huile (si tu veux savoir le désastre écologique tu peux lire ici : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-huile-palme-catastrophe-ecologique-planetaire-13869/

puis ici pour comprendre ce qu'il se passe en Amérique Centrale :

https://wrm.org.uy/fr/les-articles-du-bulletin-wrm/lexpansion-des-plantations-de-palmiers-a-huile-en-tant-que-politique-publique-en-amerique-centrale/ )


Seulement après ces 2 courtes heures de bien-être, nous tombons dans un chemin de montagne, en terre ... enfin non, en cailloux et grosses roches, crénelé de faussés et de rigoles d'eau diluvienne, où chaque virage de donne envie de dire ''adieu monde cruel''. Âmes sensibles, s'abstenir. Avant d'entamer cette aventure routière, j'ai cru perdre on amoureux à jamais lors de l'arrêt pipi. Le chauffeur et Tony me laisse seul dans un genre de dépanneur gaz-bar, les portes grandes ouvertes avec vue sur sac-à-dos ... Je ne peux pas vraiment aller pisser maintenant moi aussi. Au bout de 10 min, le chauffeur revient et part s'acheter des collations. Pas de Tony ... 15 min... toujours pas de Tony mais sort des toilettes des hommes un gars mal flanqué avec un énorme fusil à pompe dans les mains !!! Le cœur m'arrête. La sueur au front et les larmes aux yeux, j'étais sur le point

de tout laisser là et de courir aux toilettes des hommes retrouver le corps de mon amoureux... Tony ressort à ce moment là, tout tranquille. Une peur et un stress complètement psychotique dont je vais me souvenir longtemps.

À part la mort cérébrale à chaque virage de montagne, la vue et les paysages étaient sublimes. Des petits villages isolés sont perchés là et il y a du monde avec machette et enfants à la mains qui sortent de partout sur le chemin. Nous avançons à 10 km/h, 20 quand c'est plus plat. Malheureusement, les magnifiques ravins laissent aussi entrevoir des cascades de déchets qui galopent sur la pente telle une coulée de lave sur un volcan.

Nous montons alors dans la boite de pick-up de petits gars répétant le nom de notre auberge ''Vista Verde''. Ne soyez pas surpris, même les enfants et adolescents travaillent pour les aubergistes et autres excursionnistes. Ouf on est en vie ...




Notre chambre est très confortable et sur le balcon, la vue sur les montagnes verdoyantes est imprenable. L'auberge porte bien son nom.

La région du centre Ouest est très montagnarde et escarpée. La pluie y est abondante et la flore s'en ressent.










on s'installe et on mange un gros burritos pour faire changement ;)

Au bar resto, évidement un groupe de québécois s'installe à côté de nous ! Deux couples et un gars, vraiment tous charmants avec qui nous avons passé nos 2 jours à Vista Verde. Demain, nous partons faire une excursion toute la journée avec eux à la découverte de Semuc-Champey.


Nous avons vraiment beaucoup rit avec eux. Ce voyage est rythmé de lieux et d'aventures magnifiques et les rencontres que nous y faisons le sont tout autant.




J-10 : 10 Février 2018, Découverte de Semuc Champey

“Un joyeux naturel aquatique où l’émeraude coule à flot, ça existe !''

Petit dej à 09h00 et obligation de laisser nos sacs à l'entrée car nous n'aurons pas notre chambre de libre ce soir. Obligation de dormir dans le dortoir... Décidément la vie veut réellement m'apprendre la confiance en l'être humain, c'est très clair. C'est correcte, je suis capable. Mon Tony lui, c'est le roi de la confiance sereine... nous formons un beau

mélange de bohèmitude et de pragmatisme sécuritaire en équilibre lui et moi. Le tout teinté d'Indiana john et de Gandhi.


À 09h00 départ pour Semuc Chamey, à 10, debouts à l'arrière d'une boite de pick-up à se faire brasser en tout sens pendant 1h30. J'adore ! C'est vraiment rocambolesque et fantastique le Guatemala. Le paysage est de toute beauté. Nous sommes toujours très impressionnés par la nature guatémaltèque. L'eau et la chaleur des tropiques ont façonné un territoire verdoyant et luxuriant . Et nous avons la chance d'avoir à chaque jour une météo parfaite.

C'est un paradis au cœur de la jungle. La géologie de la rivière Cahabon a façonné pendant des millénaires, un système de piscines naturelles posées délicatement sur un pont naturel de pierres calcaires d'environ 500 m de large. La rivière s'engouffre à toute vitesse en -dessous de ces bassins de couleur turquoise. La rivière est encastrée dans un sillon de montagne calcaire aérée par des cavités et grottes bâties par la force de l'eau de ruissellement.

©Charlène Dupasquier



Arrivé à Semuc-Champey, le guide de l'hôtel dédié à cette expédition ne nous laisse guère de temps. Tout de suite en maillot de bain, nous rangeons tous nos sacs dans le même coffre fermé par un cadenas. La première activité est vraiment folle : nous partons dans une grotte aquatique, où nous sommes la plus part du temps immergés dans l'eau, à la lueur d'une bougie faite-maison offerte par le guide à chacun d'entre nous. Je peux vous dire qu'il vaut mieux la tenir bien haut, votre bougie. Les trous dans les piscines naturelles de la grotte ne préviennent pas ! Les cascades à sauter non plus ! C'est de la bonne adrénaline douce et trippante à la fois, mais âmes sensibles attachées à la sécurité, s'abstenir. La seule sécurité mise en place : une corde le long du trajet pour t'indiquer où aller et surtout t'aider à rester à la surface lorsque les bassins sont trop profonds. Quelle sensation ! Après avoir passé 3h dans ses grottes à nager, plonger, sauter, passer sous des chutes et les sauter ensuite, nous revenons les zygomatiques bien tendues de rire, marqués comme des indiens de la suie de bougie.

Les grottes sont excitantes et magnifiquement fantomatiques.