Vallée Bras du Nord : 3 jours sur le sentier du Philosore

Dernière mise à jour : 27 juil. 2021

ebrasdunord.com/sentier-randonnee-philosore

Carte : https://www.valleebrasdunorToutes les photos ont été faites par nous mêmes. Merci de respecter le copyright.

© Charlène Dupasquier et Tony Charest


Révez-vous d'un treck de 3 jours avec 30,2 km en plein hiver ? Ne rêvez plus et vivez le dans la Vallée Bras du Nord, sur le sentier du Philosore. Un sentier magnifique et accessible, pour peu que vous soyez un minimum en forme, habitués à porter un gros pack-sac sur le dos et que vous êtes équipés pour l'hiver. Nous l'avons vécu cette fin de semaine dans une poudreuse à rendre jaloux tous riders du Québec !

© Tony Charest, retouche photo : Charlène Dupasquier


Expédition Hivernale dans la Vallée Bras du Nord : Infos de base


La Vallée Bras du Nord est chaleureuse et accueillante, tout comme les préposés à l'accueil de la Vallée. Le sentier du Philosore, nécessite la réservation des 2 refuges pour vos 3 journées d'expédition, ainsi qu'un transport ''aller'' en taxi, si vous vous déplacez à une seule voiture ou si vos véhicules ne permettent pas de rouler sur la neige ou de la glace. Le sentier est une track linéaire nécessitant une voiture pour aller au départ et votre voiture parquée à l'arrivée à l'accueil Perthuis. Cependant, nous avons eu des températures très clémentes, même si une belle épaisseur de neige était tombée la semaine passée. Nous aurions pu facilement utiliser nos deux voitures, en allant en porter une à l'arrivée et en roulant avec l'autre sur la route carrossable pour se rendre au point de départ. En effet, si votre voiture est assez sportive et que la température est belle, sans une grosse bordée de neige récente, il est très possible d'éviter le taxi en venant à deux voitures et baisser les coûts de votre expédition. Cependant, soyez prudents ! Renseignez vous au préalable auprès de la Vallée, car suivant l'état de la route, le taxi serait prudent. Compte tenu du dénivelé, je vous conseille de parcourir le sentier depuis l'accueil Mauvaise jusqu'au Perthuis, et non l'inverse. Vous risqueriez de trouver la pente du Perthuis assez douloureuse pour vos jambes en plein hiver !


Lien : https://www.valled.com/public/images/carte-rando-2017.pdf


Réservez par téléphone, afin d'avoir toutes les informations nécessaires et connaître les conditions météo dans la vallée pour vous préparer au mieux. Les abris comptent 8 places et le taxi n'apporte que 4 personnes à la fois, sur deux départs à 9h et à 10h le matin seulement.

 

Matériel nécessaire en hiver, sur ce sentier :

  • La carte des sentiers, gracieusement offerte à l'accueil;

  • Raquettes hors trail (suffisamment large pour la poudreuse), bâtons (vraiment nécessaires pour vous aider dans les montées et descentes et garder votre équilibre avec un gros sac sur le dos);

  • Sac à dos de 50 à 70 litres, avec mousquetons de ''au cas ou'', quelques rechanges de boucles ou d'attaches; ty-rape et du tape si une sangles de raquettes vous claque dans les mains !

  • Gourde d'eau d'au moins 1 litres ou une poche à eau et un filtreur à eau ou pilules de purification. Personnellement, nous utilisons le filtre UV Stéripen; En hiver il y a un avantage : votre eau c'est la neige et il en manque pas ! Si vous la faites bouillir 10 minutes, inutile de la traiter.

  • Sac de couchage (étant donné qu'il y a des abris chauffés au poêle à bois, inutile d'apporter les sleeping d'hiver); Inutile d'apporter votre matelas de sol également, les abris sont pourvus de petits matelas!

  • Un carré isolant pour s’asseoir lors des pauses grignotage (une astuce : coupez en deux un ancien tapis de sol);

  • Lampe frontale et bougies;

  • Gamelles, ustensiles et tasse;

  • Allume feu ou briquet (le bois et le papier journal sont fournis dans les abris);

  • Des repas déshydratés pour les soirs, vos collations énergétiques, vos lunch du midi (prévoyez des vivres les plus légères possible);

  • Des vêtements de rechange dans un sac au sec; Les sac-au-sec, c'est précieux en expédition !

  • Trousse de premiers soins;

  • Une balise ACR ResQLink si vous en avez une;

  • Papier toilette et Ziploc pour mettre vos déchets (pratiquez le ''Sans trace'' !);

  • Ce que vous jugez bon d'apporter suivant votre tolérance au froid ou votre confort, mais soyez vigilant à ne pas alourdir votre sac inutilement.


J-1 : Un départ sous un soleil radieux (24/01/2020)

“Je vois des fantômes partout''!

Vallée Bras du Nord me revoilà. De retour sur un de mes terrains de jeux favoris, en compagnie d'amis et de mon amoureux. Après un accueil chaleureux et un aller en taxi, on se fait une joie de chausser nos raquettes pour profiter de toute cette neige qui s'est accumulée après noël. 1 m 30 de neige avec une belle couche de poudreuse toute fraîche n'attend que nous. La température est incroyable, entre -5° et -2° comparativement à la semaine passée où nous accolions les -30°. Départ à 10h30 environ. La progression est facile et délicieuse. Il fait chaud ... En hiver, la sueur est votre pire ennemi, mieux vaut enlever des couches, pour les remettre lors d'une pause, sinon vous risqueriez de geler. La méthode du multi-couches ou pelures d'oignon est la meilleure.


Cette première étape est très facile si vous empruntez le chemin d'hiver (car il est possible de prendre le chemin d'été qui s'avère plus montagnard). Un petit 8 km environ vous sépare du refuge de l'Orignal. On apprécie la traversée d'une forêt ancienne en parfait climax, où bouleaux jaunes, épinettes noires et sapins se rassemblent, où du bois mort au sol et sur pieds offre une niche écologique de choix à une multitude d'êtres vivants, où des chablis régénèrent la forêt alors que d'autres arbres vieillissent en paix.


Nous traversons et longeons le lac Morasse afin d'atteindre le lac Faucher, où se trouve notre refuge, perché sur une petite île au milieu du lac. En été vous traversez un ponton, en hiver vous marchez un mètre au dessus d'une épaisse couche de neige et de glace. Le lac est bordé d'un marécage aux allures fantasmagoriques.

Arrivée à l'abris à 16 h, nous déposons nos sacs, commençons tout de suite à allumer un feu et remplir la grosse gamelle de neige et préparer de l'eau pour tous. N'oubliez pas de toujours rajouter un fond d'eau de votre gourde dans la casserole avant d'y déposer la neige. Les abris sont très agréables. Le groupe de 4 personnes qui suivent nos traces arrivent 45 minutes plus tard. Nous faisons connaissance avec ces deux couples fort charmants, préparons nos soupers déshydratés (pour nous se sera potée du portageur maison) tout en jasant et en partageant des expériences de plein-air. J'aime beaucoup la préparation des repas déshydratés avant une expédition. Ça me permet de contenir toute mon intensité et mon excitation ! Plusieurs gamelles de neiges seront nécessaires pour préparer les soupers et remplir les poches et gourdes d'eau pour demain. La voûte céleste ce soir est absolument incroyable, au point que nous nous rhabillons et installons nos matelas de sol dehors sur la croûte glacée du lac afin d'observer pendant près d'une heure, les étoiles filantes et les constellations . Sans même avoir froid, nos yeux étincellent de tous ces soleils lointains qui voyagent dans le temps. Je me prends à rêver à d'autres formes de vie dans l'univers...


J-2 : Tous ce qui monte finit toujours par remonter ! (25/01/2020)

''Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne, alors qu'il réside dans la façon de la gravir'' (Confucius)

Départ du refuge à 8 h 11, après un petit déjeuner de champion. L'habitude fait que nos sacs sont repactés en moins de 15 minutes. Il a fait vraiment trop chaud cette nuit ... Petit conseil, ne bourrez pas trop le poêle à bois la nuit, le refuge se réchauffe très vite ! La température est encore de notre côté et 12 km de vallons s'offrent à nous. Cette section demande plus d'énergie et de forme physique. L'alternance de courtes mais fortes montées et de descentes parfois raides sollicitent le corps mais c'est encore meilleur ainsi. L'épaisse poudreuse ne facilite pas la tâche pour ouvrir le sentier. Je suis toujours aux anges dans ce décors au manteau blanc. Des traces d'orignal suivent le sentier mais ce dernier reste caché à nos yeux.


Les bobos dus au sac se réveillent. La première journée rentre toujours dans le corps et la deuxième est souvent la pire physiquement lors d'une expédition de plusieurs jour. À force de pratique, je connais bien ce détail (baisse d'énergie, le sac n'est pas encore bien balancé sur le dos et les bleus qu'il a provoqué la veille vous hurlent ''j'ai mal !''). À partir du troisième jour, tout rentre dans l'ordre : l'énergie revient en flèche, le corps s'habitue à la rudesse d'une vie en pleine nature, à marcher en transportant sa maison sur le dos et le sac devient un prolongement de votre corps.

C'est un magnifique sentier, toujours dans un boisé enchanteur. Quelques points de vue à partir du km 14 en longeant la crête, nous félicitent d'avoir parcourus les kilomètres. Puis, le paysage change pour des tourbières alpines qui commencent à se boiser naturellement. Un lac s'est comblé jadis ici. Des blocs de granites parcourus de mousses et de ruissellement gelés rendent le décors féerique. C'est comme si les minéraux voulaient eux-aussi danser avec le frima. Quel beauté !


Après une descente jusqu'au lac du Philosore, nous arrivons au deuxième refuge du même nom. Plus petit que le premier, il reste très agréablement aménagé. Les cordes suspendues au plafond se font adopter rapidement par nos vêtements mouillés de sueur et de neige. Nous allumons le feu et préparons de l'eau avec la neige dans plusieurs marmites afin d'alimenter aussi le deuxième groupe qui arrive 40 minutes après. Ils nous remercient grandement d'ouvrir la trail depuis deux jours. En effet, c'était sportif. Ils sont vraiment très sympathiques. J'apprécie beaucoup ces rencontres fortuites en plein-air au détour d'un sentier ou le partage d'un refuge.


Ce soir, nous seront couchés à 21h, vidés d'énergie mais heureux. La neige a commencé à tomber...


J-3 : une grande descente dans la poudreuse bien méritée ! (26/01/2020)

''Dans la grâce des flocons danse l'imagination'' (Sandra Dulier)

Réveil à 5h du matin ... Le poêle à bois est bien trop efficace ! Je suis trempée de sueur. Dehors, il fait une température surprenante : une sorte de neige / pluie mêlée au grésil. La neige sera lourde à porter sur nos raquettes ! Départ à 8 h. Cette dernière section n'est pas très longue, avec 8 km dans un vallon où montées et descentes se succèdent dans ce décor forestier composé de bouleaux, de sapins, d'épinettes et quelques érables et sorbiers épars.

Encore un peu énergivore comme tronçons. Les traces d'orignaux abondent. La neige pluvieuse fini par cesser. Une fois sur la crête, au km 5, une belle descente dans la poudreuse nous donne des ailes mais surtout des fous rire. Les dégringolades nous mettent dans une ambiance enfantine et espiègle. Quel pur bonheur de partager ce temps précieux en nature avec ces gens-là. Je me sens choyée. Les deux derniers kilomètres se résument en une dernière montée puis une descente facile et douce jusqu'à l'accueil Perthuis.


La vallée Bras du Nord m'émerveille et m'énergise encore une fois. Les sentiers sont vraiment beaux et la nature toujours aussi puissante. Je m'enivre, je m'en délecte et la cerise sur le gâteau, c'est que je le vis au bras de mon amoureux.


La vallée n'est pas seulement la Mecque du vélo de montagne, c'est aussi un paradis pour le randonneur amoureux de la nature.


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